Au cœur des crêtes escarpées du Zanguezour, dominant de profonds canyons et des routes sinueuses, s'élève le monastère de Tatev – un chef-d'œuvre inégalé de l'architecture médiévale arménienne. Fondé au IXe siècle sur l'emplacement d'un ancien sanctuaire païen, il devint à la fois le centre spirituel et politique de la principauté du Syunik. Dressées au bord d'un précipice, ses murailles se confondent avec la masse rocheuse des montagnes, tandis que son emplacement stratégique le rendait presque imprenable.
En temps de troubles, le monastère se transformait en forteresse, protégé par de puissantes défenses abritant non seulement la vie monastique, mais aussi les richesses du pays. Des salles secrètes et des passages souterrains le reliaient au monde extérieur, lui permettant de résister aux sièges. Selon la légende, ces voies cachées servaient à sauver reliques et manuscrits lorsque la menace approchait.
Tatev fut un lieu où la lumière inextinguible de la foi s'unissait à la sagesse et au pouvoir politique, et dont les murs ont entendu autant de prières que de décisions façonnant le destin du Syunik.
À l'extérieur du complexe monastique, mais au cœur des gorges rocheuses de la rivière Vorotan, se dressent d'autres monastères détruits lors du tremblement de terre de Zangezur en 1931. Le pont miraculeux du Diable et le Grand Ermitage de Syunik, niché au fond du canyon, confèrent à l'ensemble un charme particulier. Ce dernier était relié au monastère de Tatev par un chemin de fer souterrain de plus d'un demi-kilomètre, lui aussi endommagé par le séisme et comblé de pierres.