À seulement huit kilomètres de Goris s'étend Khndzoresk, un village où la nature s'est faite architecte. Ici, les maisons ne sont pas bâties de briques, mais creusées dans les falaises abruptes, et les sentiers serpentent le long de collines qui n'ont jamais connu la planéité.
L'Ancien Khndzoresk, né de la brume et de la pierre, a abrité des générations entières vivant en harmonie avec une nature rude mais généreuse. Ce site troglodytique historique est réputé pour ses grottes naturelles et artificielles, ses quatre églises et ses trois écoles. Il abritait autrefois jusqu'à 15000 habitants, qui utilisaient un système complexe de cordes et d'échelles pour accéder aux différents points du village.
Au XVIIIe siècle, Khndzoresk devint la citadelle imprenable du mouvement de libération du Syunik. Ses gorges et ses rochers formaient des murailles naturelles derrière lesquelles se cachaient les guerriers luttant pour la liberté. C'est ici que repose le grand commandant Mkhitar Sparapet, héros de l'Arménie, aux côtés de son épouse fidèle Goar et de leur fils Aaron. Leurs noms résonnent encore dans le silence des grottes comme des échos d'un courage et d'une loyauté éternels.
Aujourd'hui, un pont suspendu mène au village ancien, flottant au-dessus du vide tel un fil reliant passé et présent. Long de 160 mètres, haut de 63 mètres et pesant 14 tonnes, il peut accueillir jusqu'à 700 visiteurs en même temps. De là s'offre une vue saisissante sur le labyrinthe rocheux de l'Ancien Khndzoresk, où nature et histoire se fondent en un monument d'éternité. De là, on aperçoit les églises de Khndzoresk et la source des «Neuf Enfants».