Au pied du majestueux mont Aragats, dans le paisible village d'Artashavan, se dresse le Monument de l'alphabet arménien, là où les vents des montagnes semblent chuchoter des légendes anciennes. Inauguré en 2005 pour marquer les 1600 ans de l'écriture arménienne, il est depuis devenu un lieu cher à tous ceux qui souhaitent ressentir l'esprit culturel du pays. Lors des célébrations, le 28 mai, jour de la République d'Arménie, qui commémore la proclamation de la Première République, les Arméniens se sont donné la main pour former un kochari sans précédent autour du mont Aragats. En 2017, cette danse nationale a ensuite été inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.
Conçu par l'architecte Jim Torosyan, ce site est bien plus qu'un mémorial: c'est un poème de pierre, où chaque lettre semble être une parcelle vivante de l'histoire nationale. Trente-neuf caractères monumentaux se dressent sur fond de montagnes, illuminés de tons chaleureux et ornés de motifs traditionnels arméniens.
L'alphabet arménien, né en 405 grâce au génie de Mesrop Mashtots, a transformé le destin du peuple en ouvrant la voie à la traduction des textes sacrés et au renforcement du christianisme. Les 36 lettres initiales ont été complétées plus tard par trois autres, et ce système harmonieux accompagne les Arméniens depuis plus de quinze siècles.
Se promener entre ces lettres colossales, c'est sentir le souffle de l'histoire et la force que cette écriture incarne. Les visiteurs viennent ici pour capturer des images uniques, admirer des paysages grandioses et toucher aux racines culturelles d'un peuple ancien. S'intégrant naturellement à la beauté austère du paysage, le monument rappelle que la langue et la culture sont les gardiennes éternelles de la mémoire nationale.